Étourdissement cervicogénique : Quand le cou influence votre équilibre
Qu’est-ce que l’étourdissement cervicogénique ?
L’étourdissement cervicogénique correspond à une sensation d’instabilité ou de désorientation dans l’espace, causée par un dysfonctionnement du cou.
Plus précisément, le problème vient souvent de la proprioception cervicale, c’est-à-dire la capacité des muscles et des articulations du cou à informer le cerveau sur la position de la tête.
Normalement, le cerveau combine les informations provenant :
- Des yeux
- De l’oreille interne (système vestibulaire)
- Du cou
Lorsque les informations provenant du cou deviennent imprécises ou incohérentes avec les autres, cela crée un conflit sensoriel. Résultat : le cerveau peut interpréter cela comme un signal d’instabilité et provoquer des étourdissements.
D’où viennent vraiment vos étourdissements ?
Vous ressentez des étourdissements, une impression d’instabilité ou même la sensation d’être « dans le brouillard » ? Et si le problème ne venait pas de votre oreille interne, mais plutôt de votre cou ? L’étourdissement cervicogénique est une condition encore peu connue, mais bel et bien fréquente, surtout chez les personnes souffrant de douleurs cervicales ou ayant subi un coup du lapin.
Un phénomène plus fréquent qu’on ne le pense
Les étourdissements sont très courants en présence de douleurs au cou. En fait, entre 40 % et 85 % des personnes ayant subi un traumatisme cervical rapportent ce type de symptômes.
Ces sensations peuvent être déstabilisantes et même inquiétantes. Elles sont aussi parfois associées à de l’anxiété, une perte de confiance dans les mouvements ou une tendance à éviter certaines activités. Comprendre ce qui se passe est donc essentiel pour mieux agir.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes peuvent varier, mais les plus fréquents sont :
- Sensation d’étourdissement ou de tête légère
- Impression d’instabilité ou de déséquilibre
- Vision floue ou difficulté à se concentrer visuellement
- Raideur ou douleur au cou
- Nausées (parfois)
Un élément clé : ces symptômes sont souvent déclenchés ou aggravés par les mouvements du cou.
Vertige ou étourdissement : une différence importante
On confond souvent ces deux termes, mais ils ne désignent pourtant pas la même chose :
- Vertige : sensation que vous ou votre environnement tournez (souvent lié à l’oreille interne)
- Étourdissement : sensation d’instabilité ou de flottement, sans mouvement rotatoire
- Instabilité : difficulté à maintenir l’équilibre, surtout debout ou en marchant
L’étourdissement cervicogénique correspond généralement à une instabilité, et non à un vertige.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Il n’existe aucun test unique permettant de diagnostiquer cette condition.
L’étourdissement cervicogénique est ce qu’on appelle un diagnostic d’exclusion : cela signifie que les autres causes possibles doivent d’abord être écartées (notamment vestibulaires ou neurologiques). Le physiothérapeute utilise donc un raisonnement clinique basé sur plusieurs éléments.
Une évaluation en plusieurs étapes
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L’entrevue
Le professionnel cherche à comprendre :
- Quand les symptômes apparaissent
- S’ils sont liés aux mouvements du cou
- La présence d’un traumatisme
- Les autres symptômes associés
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Le dépistage des signes d’alerte
Certaines conditions plus sérieuses doivent être exclues. Si le physiothérapeute juge que certains signes sont suffisamment suspects, une référence médicale sera nécessaire.
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L’évaluation du cou
- La mobilité
- La douleur
- La force musculaire
- Le contrôle moteur
- La posture
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Les tests sensorimoteurs
Ces tests permettent d’évaluer :
- La proprioception cervicale
- L’équilibre
- La coordination œil-tête
- Certaines fonctions vestibulaires
L’objectif est de voir s’il existe un déséquilibre dans l’intégration des informations sensorielles.
Comment savoir si le cou est en cause ?
Le physiothérapeute met en lien plusieurs éléments :
- Les symptômes sont-ils déclenchés par le cou ?
- Les autres causes ont-elles été exclues ?
- Y a-t-il des déficits au niveau cervical ?
C’est l’ensemble de ces indices qui permet d’orienter vers une origine cervicogénique. Bonne nouvelle : ça se traite très bien. L’étourdissement cervicogénique répond généralement très bien à la physiothérapie.
Avec une prise en charge adaptée incluant :
- Rééducation vestibulaire
- Thérapie manuelle
- Exercices thérapeutiques
La condition se résout souvent assez rapidement et sans séquelles dans la majorité des cas.
À quoi ressemble le traitement ?
Le traitement est personnalisé et peut inclure :
- Des exercices pour améliorer la mobilité du cou
- Du renforcement musculaire
- Du travail de coordination et de stabilité
- Des exercices d’intégration sensorielle
L’objectif est simple : restaurer une communication claire entre le cou, les yeux et l’oreille interne.
Quand consulter ?
Si vous ressentez des étourdissements :
- Liés aux mouvements du cou
- Accompagnés de douleur cervicale
- Persistants ou inquiétants
Points importants
- L’étourdissement cervicogénique est fréquent, mais souvent mal compris
- Il provient d’un dysfonctionnement du cou
- Le diagnostic repose sur une évaluation complète
- Habituellement le traitement est efficace dès les premières interventions
Auteur : Jacqueline Nguyen M.Sc. Pht, physiothérapeute à la clinique Physiothérapie Universelle de Langelier.