Bouger en vacances : Plus important qu’on pense
Vacances et réadaptation : Pourquoi est-il essentiel de poursuivre ses exercices même en vacances
Pour plusieurs personnes, les vacances représentent un moment bien mérité pour ralentir, décrocher et mettre de côté les obligations du quotidien. Lorsque l’on est engagé dans un plan de réadaptation, il peut être tentant de considérer les exercices prescrits comme une autre tâche à laquelle on pourra revenir au retour à la maison.
Pourtant, les vacances sont justement une période où il est particulièrement important de maintenir les acquis réalisés dans le cadre de son plan de traitement. Que vous soyez suivi en physiothérapie, en ergothérapie, en kinésiologie, en ostéopathie ou par un autre professionnel de la réadaptation, les exercices recommandés font partie intégrante de votre récupération.
Même si une ou deux semaines sans rendez-vous peuvent sembler anodines, l’arrêt complet des exercices peut avoir des conséquences réelles sur l’évolution de votre condition.
Les exercices : un traitement à part entière
Lorsqu’un professionnel de la réadaptation vous propose des exercices à faire à la maison, c’est que ceux-ci sont importants pour votre récupération. Ils font partie du traitement lui-même, au même titre que les autres modalités qui sont utilisées en clinique lors de vos suivis.
Les exercices sont choisis pour répondre à des objectifs précis :
- Diminuer la douleur.
- Améliorer la mobilité.
- Augmenter la force.
- Favoriser le retour aux activités.
- Prévenir les rechutes.
- Améliorer l’endurance et la tolérance à l’effort.
Les séances en clinique permettent d’évaluer votre condition, d’ajuster les interventions et de vous guider. Cependant, une grande partie des gains se construit grâce à ce que vous faites entre les rendez-vous.
Les vacances apportent parfois de nouveaux défis physiques
Les vacances ne signifient pas nécessairement davantage de repos pour le corps. Au contraire, plusieurs personnes augmentent soudainement leur niveau d’activité :
- Longues marches touristiques.
- Randonnées.
- Vélo.
- Sports nautiques.
- Jardinage.
- Travaux au chalet.
- Longs trajets en voiture ou en avion.
Ce changement d’habitude peut solliciter davantage de structures déjà sensibles ou en cours de guérison. Les exercices prescrits agissent alors comme un outil de préparation et d’entretien qui aide le corps à mieux tolérer ces nouvelles demandes physiques.
Ce qui peut arriver lorsqu’on arrête complètement ses exercices
Bien entendu, personne ne perd tous ses progrès après quelques jours de repos. Le corps a toutefois besoin de stimulation régulière pour conserver les adaptations qu’il est en train de développer.
Une réadaptation qui s’allonge
L’un des impacts les plus fréquents est le ralentissement de la progression. Après plusieurs semaines d’efforts, cesser complètement les exercices durant les vacances peut entraîner une perte partielle des acquis. Au retour, il faut parfois reprendre certaines étapes plutôt que poursuivre la progression prévue.
Résultat : l’atteinte des objectifs est retardée et la durée globale de la réadaptation peut s’allonger.
Une augmentation de la douleur
Plusieurs exercices sont prescrits spécifiquement pour aider à contrôler la douleur. Lorsqu’ils sont interrompus pendant une période prolongée, certaines personnes remarquent :
- Davantage de raideurs.
- Un retour des tensions musculaires.
- Une diminution de la tolérance aux activités physiques.
Cette situation peut être particulièrement frustrante lorsque l’on avait justement commencé à ressentir une amélioration.
Une diminution de la mobilité et de la force
Le principe du « use it or lose it » s’applique également à la réadaptation.
Les gains de flexibilité, de mobilité articulaire et de force musculaire demandent du temps à développer. Lorsque les exercices cessent complètement, une partie de ces améliorations peut diminuer progressivement. Les mouvements qui semblaient plus faciles avant les vacances peuvent alors redevenir plus difficiles au retour.
Un impact sur le sommeil et l’énergie
La douleur, les tensions musculaires et l’inconfort influencent souvent la qualité du sommeil. Lorsqu’une condition est moins bien contrôlée, certaines personnes observent :
- Davantage de réveils nocturnes.
- De la difficulté à trouver une position confortable.
- Une baisse d’énergie générale.
Or, le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération des tissus, la gestion de la douleur et le bien-être global.
Profiter moins pleinement des vacances
C’est probablement l’aspect le plus paradoxal.
Plusieurs personnes interrompent leurs exercices pour profiter davantage de leurs vacances. Pourtant, l’effet inverse peut parfois se produire. Imaginez partir en voyage de randonnée avec un genou en réadaptation, ou visiter une nouvelle ville alors que vous récupérez d’un problème lombaire. Si la condition se détériore pendant le séjour, certaines activités peuvent devenir moins agréables, voire impossibles.
Continuer ses exercices permet souvent de maintenir un meilleur niveau de confort et d’endurance afin de profiter pleinement des activités prévues.
5 conseils pour poursuivre ses exercices durant les vacances
Une croyance fréquente consiste à penser que si l’on n’a pas accès à tout son matériel ou à son environnement habituel, il est inutile de faire les exercices. En réalité, un programme effectué à 70 ou 80 % demeure généralement beaucoup plus bénéfique qu’un arrêt complet.
Voici quelques stratégies simples pour demeurer actif dans votre réadaptation, même loin de la maison.
- Planifiez vos exercices avant votre départ
Discutez avec votre professionnel avant les vacances. Il pourra :
- Identifier les exercices prioritaires.
- Simplifier temporairement votre programme.
- Proposer des alternatives adaptées au voyage.
- Répondre à vos questions.
- Préparez un “kit de réadaptation voyage”
La plupart des programmes d’exercices peuvent être réalisés avec peu de matériel ou avec du matériel qui prend peu d’espace dans les bagages (exemples : bande élastique, balle de massage, etc.).
Emporter le matériel pour faire vos exercices et le garder accessible vous permettra de vous rappeler de vos exercices bien que votre routine quotidienne soit différente.
- Associez les exercices à une activité quotidienne
Il est souvent plus facile de maintenir une habitude lorsqu’elle est intégrée à la routine. Ainsi, faire vos exercices après le déjeuner, avant la douche ou avant le coucher peut permettre de réduire le risque de les oublier.
- Réduisez la durée plutôt que d’arrêter
Si votre horaire est chargé, il est préférable de faire une version écourtée du programme plutôt que rien du tout. Même 2 à 3 exercices ou 10 à 15 minutes peuvent contribuer à maintenir les acquis.
- Gardez vos objectifs en tête
Rappelez-vous pourquoi vous avez commencé votre réadaptation. Qu’il s’agisse de diminuer votre douleur au quotidien, jouer avec vos enfants, reprendre le sport ou retourner au travail de façon sécuritaire et durable, chaque exercice vous rapproche de cet objectif.
En conclusion
Les vacances représentent une occasion précieuse de se ressourcer, mais elles ne devraient pas signifier une pause complète dans votre processus de réadaptation. Les exercices prescrits par votre équipe de soins jouent un rôle essentiel dans le maintien des progrès réalisés et dans l’atteinte de vos objectifs à long terme.
Continuer à bouger, même de façon simplifiée, vous permettra de profiter davantage des activités qui rendent les vacances si agréables.
Après tout, quelques minutes d’exercices par jour représentent un petit investissement pour protéger des semaines, voire des mois, d’efforts déjà accomplis! Sans compter que votre thérapeute n’en sera que ravi à votre retour!
Bonnes vacances!
Par Vanessa Daoust, ergothérapeute chez Physiothérapie Universelle Fabreville.